Deux coupes Stanley de suite


Deux coupes Stanley de suite (Le troph√©e Calder; L’affaire Shore-Bailey; Lancer de punition; D√©part de Morenz; Le num√©ro 7; La ente du Canadien; La plus longue joute).

Canadien termina d’abord en t√™te de la section canadienne avec 26 victoires en 44 parties, 10 d√©faites, 8 parties nulles, 129 buts pour, 89 buts contre et un total de 60 points. Le Toronto finit en 2e avec 53 points, suivi du Montr√©al avec 46, des Americans de New York, avec le m√™me total et de l’Ottawa avec 24.

Dans la section américaine, le Boston était en tête avec 28 victoires, 10 défaites, 6 nulles. 143 buts pour, 90 buts contre et un total de 62 points. Les actifs des clubs suivants étaient comme suit: 51 pour le Chicago, 47 pour les Rangers de New York, 39 pour Détroit, et 12 pour le Philadelphie.

Dans les s√©ries de 1931, le Canadien √©limina le Boston par trois victoires par 1 √† 0, 4 √† 3 en temps suppl√©mentaire, et 3 √† 2 en suppl√©mentaire, apr√®s avoir perdu la 1re partie par 5 √† 4 en temps suppl√©mentaire, et la 4e par 3 √† 1. D’autre part, le Chicago disposait du Toronto par 2 √† 2 et par 2 √† 1 en temps suppl√©mentaire, tandis que les Rangers gagnaient sur les Maroons de Montr√©al par 5 √† 1 et par 3 √† O. Ces m√™mes Rangers furent √©limin√©s dans les demi-finales par le Chicago par 2 √† 0 et par 1 √† 0.

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Dans la finale de la coupe Stanley, alors qu’Aur√®le Joliat se distingua tellement, surtout dans la derni√®re partie, comme nous l’avons mentionn√© dans ses notes biographiques, le Canadien l’emporta dans une dure s√©ries de 5 parties, contre le Chicago, alors dirig√© par Dick Irvin. La premi√®re fut gagn√©e par le Canadien par 2 √† 1, la deuxi√®me par le Chicago par le m√™me compte en temps suppl√©mentaire, la troisi√®me encore par le Chicago par 3 √† 2 en 113 minutes et 50 secondes de jeu, les quatri√®me et cinqui√®me par le Canadien par 4 √† 2 et 2 √† 0.

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Nous voil√† maintenant en 1931-32, alors que l’on d√©cida de jouer 48 parties. Il n’y avait plus que huit clubs dans le circuit toujours sous la pr√©sidence de Frank Calder. Le Philadelphie et l’Ottawa, r√©p√©tons-le, s’√©taient retir√©s.

Le Canadien avait remporté deux fois de suite la coupe Stanley.

On esp√©rait, contre une moyenne rare, que le Tricolore gagnerait le pr√©cieux troph√©e une 3e fois de suite pour √©galer un record √©tabli par les Silver Seven d’Ottawa, en 1903, 1904 et 1905 et par le Victoria de Montr√©al en 1897, 1898 et 1899. L√†-dessus, disons que de 1946-47 √† 1948-49 inclusivement, les Maple Leafs de Toronto ont gagn√© la coupe Stanley trois fois de suite.

Le Canadien se classa bien premier de la section canadienne avec 57 points, suivi du Toronto avec 53, du Montr√©al avec 45 et des Americans avec 40. Mais il fut √©limin√© par les Rangers, dans les premi√®res -s√©ries de la coupe. Le Canadien battit d’abord le club de New York par 4 √† 3. Dans la 2e partie, qui dura 119 minutes et 32 secondes, les Rangers √©galis√®rent les chances par le m√™me compte. Dans la 3e partie, √† New York, les Rangers gagn√®rent par 1 √† 0 sur les Canadiens, priv√©s des services d’Aur√®le Joliat et de Pit L√©pine Le premier s’√©tait grandement fait mal √† une jambe, dans la partie pr√©c√©dente, la veille. Il √©tait bien revenu au jeu, aux applaudissements chaleureux de tous, mais il avait d√Ľ se retirer presque tout de suite. Quant √† L√©pine, il s’√©tait fractur√© une jambe dans cette 3e partie. Dans la 4e et derni√®re, les Canadiens ainsi grandement affaiblis, perdirent par 5 √† 2. Entre parenth√®ses, on sait que L√©pine vient de mourir, √† l’√Ęge de 53 ans. C’est alors qu’on fit de lui les √©loges qu’il m√©ritait bien. On rappela ses exploits, son jeu merveilleux dans l’ombre de Howie Morenz ainsi que toutes ses qualit√©s de grand joueur et de grand athl√®te. Le fait est que L√©pine a √©t√© un des plus fameux joueurs de son temps et un des plus c√©l√®bres pour le Canadien.

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Le Toronto remporta la coupe Stanley pour la premi√®re fois avec le surnom de Maple Leafs qu’il portait depuis le 24 septembre 1927. Les Leafs, sous la direction de Dick Irvin, depuis le milieu de la saison, l’emport√®rent dans la finale sur les Rangers par 6 √† 4, 6 √† 2 et 6 √† 4. Auparavant, les Leafs avaient dispos√© du Chicago, perdant la premi√®re partie par 1 √† 0, mais l’emportant dans la deuxi√®me par 6 √† 1. Le Toronto avait aussi gagn√© sur les Maroons qui s’√©taient d√©barrass√©s du D√©troit par 1 √† 1 et par 2 √† 0. Contre le club de Montr√©al, la premi√®re joute se termina par 1 √† 1 tandis qu’il fallut 17 minutes et 59 secondes de temps additionnel, dans la deuxi√®me pour briser l’√©galit√© de 2 √† 2.

En 1932-33, la Ligue Nationale compta neuf √©quipes avec le retour de celle d’Ottawa. Cette ann√©e-l√†, l’ouverture de la saison eut lieu le 10 novembre. A la fin des activit√©s, le classement √©tait le suivant:

SECTION CANADIENNE

Maple Leafs 48 24 18 06119111 54

Montréal. 48 22 20 06135119 50

Canadien 48 18 25 05 92 115 41

  1. Y. Amer 48 15 22 11 97118 41

Ottawa 48 11 27 10 88131 32

SECTION AM√ČRICAINE

Boston 48 25 15 8 124 88 58

Détroit 48 25 15 8 11193 58

N.Y. Rangers 48 23 17 8 135 107 54

Chicago 48 16 20 12 88 101 34

Ici, il y a un fait √† noter. Dans la section canadienne, les Canadiens avaient bien fini avec le m√™me nombre de points que les Americans de New York mais ils avaient plus de victoires √† leur cr√©dit, ce qui signifiait l’√©limination du club de la m√©tropole am√©ricaine.

Dans la section am√©ricaine, le Boston et le D√©troit finissaient avec le m√™me nombre de points, 58. Les deux clubs avaient le m√™me nombre de victoires, le m√™me de d√©faites et le m√™me de parties nulles. Comme r√©sultat, on dut s’en rapporter au plus grand nombre de buts et le Boston fut donc d√©clar√© premier.

Dans la s√©rie ¬ę¬†A¬†¬Ľ pour le championnat de la Ligue – c’est ainsi qu’on proc√©dait dans le temps – le Toronto disposa du Boston dans le maximum de 5 joutes¬†¬Ľ 4 n√©cessitant du temps additionnel. Dans la 1√®re, les Bruins l’emport√®rent par 2 √† 1, 14 minutes et 14 secondes apr√®s le temps r√©gulier. Dans la 2e, le Toronto compta le seul but, apr√®s 15 minutes et 3 secondes de temps additionnel. Il fallut 4 minutes et 23 secondes de temps suppl√©mentaire pour permettre au Boston de gagner dans la 3e par 2 √† 1. La 4e se termina par 5 √† 3 en faveur du Boston. Enfin, dans la 5e et derni√®re joute, le compte fut de 1 √† 0, mais ce ne fut qu’apr√®s 104 minutes et 46 secondes de temps suppl√©mentaire qu’un petit joueur de 130 livres, Ken Dorat y, rappel√© d’une filiale pour les s√©ries, enregistra le seul but de la joute. Il s’agissait de la plus longue partie jusque-l√† et le record dura jusqu’√† 2 heures et 25 du matin, le 25 mars, 1936, lorsque Mod√®re ¬ę¬†Mud¬†¬Ľ Bruneteau du D√©troit, sur la passe de Hec Kilrea, brisa J’√©galit√© de 0 √† 0 contre les Maroons de Montr√©al, au Forum. La partie en question se terminait apr√®s 176 minutes et 30 secondes de jeu.

Le Toronto, cependant, ne devait pas gagner la coupe Stanley cette ann√©e-l√†. Dans la finale, de 3 de 5, les Rangers gagn√®rent d’abord par 5 √† 1 et par 3 √† 1. Ils perdirent la 3e par 3 √† 2 tandis qu’ils l’emport√®rent par 1 √† 0, dans la 4e, apr√®s 7 minutes et 33 secondes de temps additionnel.

Auparavant, les mêmes Rangers avaient disposé des Canadiens par une victoire de 5 à 2 et par 3 à 3.

Les Rangers avaient √©galement gagn√© sur le D√©troit par 2 √† 0 et par 4 √† 3, cela apr√®s l’√©limination des Maroons par le club de la ville des autos par 2 √† 0 et par 3-2.

LE TROPH√ČE CALDER

A la fin de la saison 1932-33, on nomma, pour la premi√®re fois, la recrue de la saison, c’est-√†-dire le nouveau joueur qui avait d√©montr√© le plus de talent et le plus d’aptitudes. Ce fut Carl Voss du D√©troit.

A Carl Voss succ√©d√®rent Russ Blinco du Montr√©al, en 1933-34, Dave ¬ę¬†Sweeney¬†¬Ľ Schriner des Americans, en 1934-35, et Mike Karakas de Chicago, en 1935-36. Jusque-l√†, il n’√©tait pas question de troph√©e. Ce ne fut qu’√† compter de 1936-37 que la meilleure recrue se vit d√©cerner un troph√©e qui fut offert par le pr√©sident du temps, Frank Calder, et qui porte son nom depuis.

Voici la liste des vainqueurs de ce trophée:

1936-37, Sy Apps, Toronto.

1937-38, Cully Dahlstrom, Chicago. ,

1938-39, Frank Brimsek, Boston.

1939-40, Kilby McDonald, Rangers

1940-41, JOHN QUlLTY, Canadien.

1941-42, Grant Warwick Rangers.

1942-43, Gaye Stewart, Toronto.

1943-44, Gus Bodnar, Toronto.

1944-45 Frank McCool 45, Toronto.

1945-46, Edgar Laprade, Rangers.

1946-47, Howie Meeker, Toronto.

1947-48, Jimmy McFadden, Détroit.

1948-49, Pennti Lund, Rangers.

1949-50, Jack Gélineau Boston.

1950-51, Terry Sawchuk, DétroIt.

1951-52, BERNARD GEOFFRION, Canadien.

1952-53, Lorne Worsley, Rangers.

1953-54, Camille Henry, Rangers.

1954-55, Eddie Litzenberger, Chicago.

* * *

Le 30 septembre 1933, on d√©cida que la ¬ę¬†Ligue se composerait encore de 9 clubs. Peu de temps apr√®s, on annon√ßa la nomination de ¬ę¬†Newsy¬†¬Ľ Lalonde comme instructeur du Canadien, ainsi que le d√©part du fameux George Hainsworth remplac√© par un Montr√©alais, n√© √† la Pointe St-Charles, Lame Chabot. Ce dernier avait d√©but√© avec les Rangers, en 1926-27, et √©tait pass√© au Toronto, de 1930-31 √† 1932-33. Hainsworth, lui, allait au Toronto.

L’AFFAIRE SHORE-BAILEY

C’est au cours de cette saison 1933-34 que le sujet des casquettes protectrices pour les joueurs fut vraiment en vedette, surtout lorsque Ace Bailey fut si gravement bless√© par Eddie Shore, le 14 d√©cembre, qu’on craignit m√™me pour sa vie. L√©o Dandurand ordonna imm√©diatement le port des casquettes protectrices par ses joueurs tandis que les autorit√©s du Boston en faisaient autant. Dans cette affaire on se demandait sans doute si Shore avait d√©lib√©r√©ment attaqu√© Bailey, mais l’on voulait surtout √©viter des blessures graves dans les chutes sur la glace. Bailey avait √©t√© projet√© sur la glace par Shore, et il avait eu le cr√Ęne fractur√©.

En février 1934, Bailey avait échappé à la mort et il était rétabli.

Eddie Shore avait fini de purger sa punition de seize parties impos√©e par Frank Patrick, qui avait accept√© le poste de directeur de la Ligue et qui avait la charge des arbitres ainsi que des sanctions √† imposer. Le 14 de ce mois, on organisa une grande partie d’√©toiles sous la g√©rance de L√©o Dandurand, avec deux joueurs de chaque club dont Eddie Shore. La partie eut lieu contre les Leafs √† Toronto, avec tous les b√©n√©fices allant √† Bailey. Ce dernier parut sur la glace, avant la partie, et la foule applaudit √† tout rompre lorsque lui et Shore se serr√®rent la main. Ce b√©n√©fice rapporta $25,000 √† Bailey, qui ne devait jamais remettre les patins.

* * *

A la fin de la saison de 48 parties, le Toronto √©tait en t√™te de la section canadienne avec 61 points suivi du Canadien avec 50, du Montr√©al avec 49, des Americans avec 40 et de l’Ottawa avec 32.

Dans la section américaine, le Détroit avait terminé en tête avec 58 points en avant du Chicago avec 51, des Rangers, avec 50 et du Boston avec 41.

Les Maroons s’√©taient adjug√©s, pour la deuxi√®me ann√©e cons√©cutive, le troph√©e Kennedy accord√© au club montr√©alais qui obtenait le plus de points par des victoires et des parties nulles.

Dans les séries de la coupe, le Canadien fut éliminé par le Chicago par 3 à 2 et 1 à 1; cette dernière partie nécessitant 11 minutes et 5 secondes de temps additionnel.

Dans les autres s√©ries, les Maroons gagn√®rent sur les Rangers par o √† 0 et 2 √† 1; les Red Wings de D√©troit l’emport√®rent sur les Maple Leafs de Toronto par 2 √† 1 en temps suppl√©mentaire, 6 √† 3 ct 1 √† 0, tout en perdant par 3 √† 1 et 5 √† 1; le Chicago √©limina les Maroons, en demi-finale, par 3 √† 0 et 3 √† 2 et gagna la coupe Stanley contre le D√©troit, remportant les honneurs par 2 √† 1 en temps suppl√©mentaire, 4 √† 1 et 1 √† 0 en temps additionnel, pour perdre une partie seulement par 5 √† 2.

Les Hawks de Chicago √©taient alors dirig√©s par Tommy Gorman qui remportait une autre coupe Stanley. Il avait connu les m√™mes succ√®s avec l’Ottawa, plusieurs ann√©es auparavant, et il devait les conna√ģtre dans la suite avec les Maroons, d√®s l’ann√©e suivante, en 1935, ainsi qu’avec les Canadiens, en 1944 et en 1946.

LANCER DE PUNITION

Plusieurs d√©cisions importantes furent prises √† l’assembl√©e de la Ligue. √† New York, le 22 septembre 1934. D’abord, on adopta le lancer dit de punition, qui permettait √† un joueur de lancer librement vers le gardien, √† condition qu’il ne d√©pass√Ęt pas une ligne rouge √† 30 pieds des buts. Ce lancer √©tait accord√© √† la place d’une punition majeure de 5 minutes, si un joueur √©tait accroch√© alors qu’il √©tait en position de compter. Le premier des lancers de ce genre fut r√©ussi par Armand Mondou, excellent joueur des Canadiens pendant des ann√©es.

Dans la suite, soit en 1938-39, on d√©cr√©ta que le joueur obtenant un lancer majeur de punition pouvait se rendre jusqu’au gardien de buts. Depuis quelques ann√©es, rares sont les cas o√Ļ on accorde un lancer majeur de punition.

La limite des salaires de chaque club fut réduite de $65,000 à $62,500.

La dépression se faisait sentir et on agissait en conséquence. Toutefois, il restait encore une marge énorme entre cette limite et celle de $5,000 imposée en 1910.

La Ligue d√©cida de continuer √† neuf clubs mais en tenant compte du remplacement de l’Ottawa par les Eagles de St-Louis. Les S√©nateurs, qui s’√©taient d√©j√† retir√©s en 1930-31, ne devaient plus jamais revenir dans les rangs de la Ligue Nationale. Disons au sujet du St-Louis que ce club ne connut pas de succ√®s, terminant en toute derni√®re place de la section canadienne et du classement g√©n√©ral. Le fait est qu’il se retira, apr√®s cette saison de 1934-35.

D√ČPART DE MORENZ

Plusieurs semaines avant la saison, on avait annonc√© un grand chambardement dans l’√©quipe du Canadien. Cette fois-l√†, L√©o Dandurand disposait d’une autre grande √©toile, d’une idole qui, apparemment, avait vu ses plus beaux jours. Il s’agissait de Howie Morenz. Il va sans dire que ce n’est pas sans avoir h√©sit√© longtemps, sans un v√©ritable serrement de coeur que le Canadien disposait de Morenz. Dandurand ne consentit √† l’√©change qu’√† la condition de voir Morenz passer au Chicago avec un contrat de trois ans √† $12,000 par ann√©e. Morenz devint donc la propri√©t√© des Black Hawks en m√™me temps que Lorne Chabot et Marty Burke. Le Canadien obtenait en retour Lionel Conacher, Roger Jenkins ainsi que Leroy Goldsworthy des Tecumsehs de London. Dans la suite, Conacher passait aux Maroons et les Canadiens c√©daient leurs droits sur Herbie Cain en √©change des droits sur deux jeunes et brillants joueurs du McGill, Nelson Crutchfield et Jack McGill. Il s’agissait donc de la plus importante transaction, jusque-l√†, dans l’histoire de la Ligue, √† l’exception de l’achat de tout un club.

LE NUM√ČRO 7

En plus, L√©o Dandurand d√©cr√©tait qu’√† l’avenir, en souvenir de Morenz, aucun joueur du Canadien ne porterait le chiffre 7 du costume de Howie, avec la seule exception pour le fils du fameux joueur, s’il venait, un jour, √† porter les couleurs du Canadien. On sait ce qui est arriv√©. D’abord, apr√®s un s√©jour √† Chicago, Morenz passa aux Rangers puis revint au Canadien avec le num√©ro 7. Quant au jeune Howie, apr√®s de beaux d√©buts dans ses premi√®res armes, la maladie l’emp√™cha de s’aligner avec les grands Canadiens. C’est dire que depuis la mort du grand Howie Morenz, aucun joueur n’a port√© le c√©l√®bre num√©ro 7 sur son chandail.

Dans les buts, Chabot √©tait remplac√© par Wilfred Cude. Ce dernier, l’ann√©e pr√©c√©dente, avait fait sensation avec les Red Wings de D√©troit, √† qui il avait √©t√© pr√™t√© par le Canadien, √† la suite de son rappel des Stars de Syracuse, en m√™me temps que Walter Buswell.

Il avait √©t√© temporairement c√©d√© au D√©troit pour r√©gler un diff√©rend entre Jim Norris senior du D√©troit, et le major McLaughlin du Chicago. Signalons que les gouverneurs de la Ligue firent part √† L√©o Dandurand de leur reconnaissance pour son aide dans l’affaire.

Tout ne devait pas aller tr√®s bien pour le Canadien et, le 29 d√©cembre, on annon√ßait la d√©mission, pour raison de sant√©, de ¬ę¬†Newsy¬†¬Ľ Lalonde comme g√©rant, L√©o Dandurand consentait √† revenir sous le harnais et √† reprendre la direction du club.

En m√™me temps, des rumeurs circulaient que la direction du Canadien √©tait port√©e √† vendre le club. Les rumeurs persist√®rent tellement qu’on entendit parier de deux offres de syndicats. Il fut question d’Ernest Savard comme acheteur de m√™me que des Strachan, Jimmy et William. Mais, rien n’aboutit et la direction du Canadien devait rester la m√™me jusqu’au mois de septembre suivant.

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A la fin des activités, dans la section canadienne, le classement était le suivant: Toronto 64 points, Montréal 53, Canadien 44, Americans 33, et St-Louis 28. Le Boston finissait en tête de la section américaine avec 58 points, suivi de près par le Chicago avec 57, puis par les Rangers avec 50 et par le Détroit avec 45.

Connue d’habitude, les trois premiers clubs de chaque section prirent part aux s√©ries de la coupe Stanley. Dans la s√©rie trois de cinq, entre le Toronto et le Boston, ce dernier l’emporta par 1 √† 0 en temps suppl√©mentaire, mais perdit, ensuite, par 2 √† 0, 3 √† a et 2 √† 1. Dans la s√©rie Canadiens-Rangers, le club de New York gagna par 2 √† 1 et 4 √† 4. Dans l’autre s√©rie, les Maroons √©liminaient le Chicago par 0 √† 0 et par 1 √† 0 en temps additionnel. Contre les Maroons, les Rangers perdirent par 2 √† 1 et 3 √† 3. Dans la finale, ce ne fut pas long. Les Maroons, dirig√©s par Tommy Gorman, remport√®rent trois victoires de suite par 3 √† 2, 3 √† 1 et 4 √† 1 pour enthousiasmer leurs partisans de Montr√©al.

LA VENTE DU CANADIEN

C’est le vendredi 13 septembre 1935 que s’effectua la vente du Canadien, vente qui ne fut annonc√©e que le lundi 16 septembre et confirm√©e le 17. Jos Cattarinich et L√©o Dandurand, seuls propri√©taires du club depuis le d√©part en 1931 de M. Letourneau avec qui ils √©taient partenaires, lors de la transaction de 1921, c√©daient leurs int√©r√™ts √† un syndicat qui nommait Ernest Savard, pr√©sident, avec Maurice Forget et Louis G√©linas comme principaux directeurs. Le prix √©tait de $165,000, que la Canadian Arena Company payait par un versement au comptant de $65,000 et par versements subs√©quents de $25,000 chacun. Quelle diff√©rence entre le prix de $11,500, en 1921, ann√©e de grande prosp√©rit√©, et celui pay√© en 1935, alors qu’on √©tait en pleine d√©pression! Cette marge montra le grand d√©veloppement du hockey. Aujourd’hui, on ne pourrait acheter la franchise du Canadien ou celle de tout club de la Ligue pour beaucoup moins d’un million de dollars ou √† peu pr√®s.

La nouvelle direction du Canadien d√©cida de nommer au poste d’instructeur un de ses meilleurs joueurs pendant des ann√©es, Sylvia Mantha. Celui-ci, selon le d√©sir des dirigeants, tenta d’enr√īler le plus de Canadiens fran√ßais possible. Le fait est qu’on en compta, √† un moment, onze sur les quinze.

En tout cas, le Canadien n’eut pas de succ√®s √† la premi√®re saison de cette nouvelle direction. Il est vrai que le sort ne l’avait pas aid√©. Ainsi, quelque temps avant la saison, Nelson Crutchfield, une grande √©toile en herbe, s’√©tait gravement bless√© dans un accident d’auto et il ne devait plus s’aligner. ¬ę¬†Pit¬†¬Ľ L√©pine se blessait aussi √† l’entra√ģnement tandis que les accidents se multipliaient tant et si bien que dans ses 18 premi√®res parties, le club montr√©alais ne put avoir un alignement complet. En outre, avant la saison, le pr√©sident Savard avait √©chou√© dans sa tentative d’obtenir Phil Watson que les Rangers venaient de faire signer. On all√©gua que le p√®re de Watson √©tait de langue anglaise et qu’√† cause de ce fait, le Canadien n’avait pas de droits sp√©ciaux √† ses services. Ce fut l√† la fin de l’entente, verbale du moins dans le temps, qui voulait que le Canadien e√Ľt la priorit√© sur tout joueur de langue fran√ßaise. Nous avons d’ailleurs donn√© tous les d√©tails sur ce sujet en page 31.

Dans le classement final, le nom du Canadien apparaissait en derni√®re place et c’√©tait la premi√®re fois depuis des ann√©es, soit depuis 1926, que le Tricolore ne prenait pas part aux s√©ries de fin de saison.

Faisons remarquer que cette dernière position était la quatrième, la section canadienne ne comprenant plus que quatre clubs et la Ligue plus que huit, à la suite de la retraite des Eagles de St-Louis.

LA PLUS LONGUE JOUTE

Six clubs prirent part aux s√©ries de la coupe Stanley. Dans la premi√®re s√©rie, le Montr√©al fit face au D√©troit et, dans la 1√®re partie, un nouveau record, qui existe encore, fut √©tabli. La joute commen√ßa bien √† 8 heures et 30, au Forum, le 24 mars mais elle ne se termina qu’√† 2 heures et 25 du matin, le 25 mars. L√†, l’√©galit√© de 0 √† 0 fut bris√©e par un jeune, rappel√© deux semaines plus t√īt de la filiale des Olympics de D√©troit, Mod√®re ¬ę¬†Mud¬†¬Ľ Bruneteau qui compta sur une passe de Hec Kilrea. On √©tait dans la 6e p√©riode suppl√©mentaire, exactement √† 176 minutes et 30 secondes de jeu.

Le D√©troit continua ses succ√®s et gagna dans les deux autres parties par 3 √† 0 et par 2 √† 1, soit dans le minimum de joutes. Dans les autres s√©ries, les Americans gagn√®rent au total des buts sur le Chicago par 3 √† 0 tout en perdant la seconde joute par 5 √† 4; le Toronto gagna sur le Boston par 8 √† 3, apr√®s avoir √©t√© blanchi par 3 √† O. A un certain moment de la 2e partie, le compte se trouva √† 4 √† 0 pour le Boston, au total des buts dans les deux joutes. Eddie Shore subit alors une punition de dix minutes pour mauvaise conduite, apr√®s une autre de deux minutes. Les Leafs commenc√®rent √† se rallier pour finalement l’emporter par 8 √† 3 et par 8 √† 6, dans le total des deux joutes.

En demi-finale, le Toronto l’emporta sur les Americans, gagnant deux parties par 3 √† 1 et en perdant une par 1 √† O. Dans la finale, le D√©troit gagna sur le Toronto pour obtenir la coupe Stanley en √©tant meilleur dans 3 parties par 3 √† 1, 9 √† 4 et 3 √† 2 et en perdant une fois par 4 √† 3, apr√®s seulement 13 secondes de temps suppl√©mentaire pour un record qui tient encore .

La saison 1936-37 fut bien meilleure pour le Canadien puisque le club montr√©alais termina en t√™te de la section canadienne avec 54 points, avec 24 victoires et 6 parties nulles. L’avantage sur le club suivant, le Montr√©al, n’√©tait pas consid√©rable cependant, soit un seul point. Le Toronto suivait avec 49 points et les Americans √©taient en derni√®re place avec 34.

Dans la section américaine, le classement était comme suit: Détroit, 59 points, Boston 53, Rangers 47 et Chicago 35.

Cependant, le Canadien ne fut pas chanceux dans la premi√®re s√©rie de la coupe Stanley, √©tant √©limin√© par le D√©troit en 5 parties. Nos gars perdirent les deux premi√®res joutes par 4 √† 0 et 5 √† 1. Ils gagn√®rent les deux autres pour √©galiser les chances, les deux fois par le m√™me compte de 3 √† 1. La cinqui√®me et d√©cisive partie avait lieu √† Montr√©al le 1er avril. Jusqu’√† quelques minutes de la fin, le D√©troit menait par 1 √† 0 et tout semblait indiquer la victoire pour les Red Wings mais Bill McKenzie ranima l’espoir dans le cŇďur des partisans du Tricolore en obtenant le but √©galisateur. Dans la p√©riode suppl√©mentaire, toutefois. le D√©troit compta pour √©liminer le club dirig√© par Cecil Hart, dont nous parlerons tout √† l’heure, en m√™me temps que d’un autre grand joueur, Howie Morenz, revenu au Canadien pour une saison, sa derni√®re.

Dans les autres s√©ries, le Montr√©al √©limina le Boston en gagnant par 4 √† 1 deux fois, tout en perdant par 4 √† 0; les Rangers dispos√®rent du Toronto par deux victoires cons√©cutives, la premi√®re par 3 √† 0, la deuxi√®me par 2 √† 1, dans du temps suppl√©mentaire; les Rangers √©liminaient aussi le Montr√©al par deux victoires cons√©cutives par 1 √† 0 et par 4 √† O. Dans la finale, apr√®s une seule partie, √† New York, que les Rangers gagn√®rent par 5 √† 1, le D√©troit finit par l’emporter chez lui en gagnant par 4 √† 2, 1 √† 0 et 3 √† 0, apr√®s avoir perdu la 3e joute par 1 √† 0.