Politique, économie, crise 2008, topographie…


La politique

Le Parlement, appelé l’Althing, fut créé en 970 pour réglementer ce qui était devenu la «première république du monde», qui comptait environ quelque 20 000 habitants.

Dans sa forme contemporaine, le parlement islandais fut ré-institué en 1845, à l’origine en tant qu’organe consultatif auprès du roi de Danemark et son siège fut établi à Reykjavik. L’Althing comprend 63 parlementaires, élus par les citoyens tous les quatre ans, la dernière élection remontant à 2008.

Le président de la République est également élu pour quatre ans. Selon la Constitution, il préside leur Conseil et entérine les choix de ministres faits par les partis politiques majoritaires. Il n’exerce aucun pouvoir exécutif réel et joue surtout un rôle honorifique. En tant que chef de l’État, il est le représentant du pays à l’étranger. Les ministres assument le pouvoir exécutif. Le chef du gouvernement est le premier ministre.

Les gouvernements islandais ont presque toujours consisté en une coalition de deux partis ou davantage, étant donné que la majorité des sièges de l’Althing n’a jamais été détenue par un seul parti politique.

Le pays est membre de l’ONU, du Conseil de l’Europe, de l’OTAN, de l’AELE, de l’OCDE, et de l’EEE. L’Islande a déposé sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne le 17 juillet 2009. Néanmoins, certaines formations de gauche, dont la principale, l’Alliance du peuple, continuent de réclamer la fermeture de la base de Keflavík et du retrait islandais de l’OTAN.

L’économie

L’économie de l’Islande est basée sur un système d’économie mixte où les services, la finance, la pêche et les industries sont les principaux secteurs.

Au début du XXe siècle, après plus de six cents ans de tutelle étrangère, les structures sociales de l’Islande demeurent les plus féodales des pays nordiques. La pêche domine l’économie et génère le gros des entrées de devises étrangères, permettant au commerce de se développer grâce aux importations. Ce qui, en retour, stimule de nouvelles activités : bâtiment, services et industrie légère. Après la seconde guerre mondiale, l’économie entra dans une période de croissance plus soutenue, à la faveur d’une combinaison de facteurs : aide liée au plan Marshall; abondance d’un bien d’exportation peu sensible aux fluctuations de revenu des consommateurs, le poisson d’eau froide; une population peu nombreuse, très éduquée et dotée d’un fort sentiment d’appartenance nationale.

A mesure que l’Islande s’enrichit, elle jetta les bases d’un Etat-providence inspiré du modèle scandinave, financé par l’impôt. Dans les années 1980, le niveau et la répartition du revenu disponible atteignent la moyenne des pays nordiques. Cependant, le poids de l’État demeure plus prononcé que chez ses voisins européens.

La société capitaliste moderne de la seconde moitié du XXe siècle s’inscrit dans un lien de filiation directe avec les structures presque féodales du XIXe siècle. Dans les décennies qui suivent la fin de la seconde guerre mondiale, quatorze familles — un groupe connu sous le nom de « Pieuvre » — fournissent l’élite économique et politique du pays. A l’image des chefs de tribu de jadis, elles dominent les importations, les transports, la banque, les assurances, la pêche et l’approvisionnement de la base de l’OTAN.

Cette oligarchie règne également sur le Parti de l’indépendance (PI) de droite, qui contrôle les médias. Elle avalise les nominations de hauts fonctionnaires, dans l’administration, la police et l’armée. A l’époque, les partis dominants, PI et le Parti du centre (PC) qui recrute en zone rurale gèrent directement les banques locales publiques. Il est impossible d’obtenir un prêt sans passer par l’apparatchik local. Intimidation, flagornerie et méfiance tissent un réseau de pouvoir.

L’économie traditionnelle de l’Islande dépend fortement de la pêche et de ses débouchés, qui comptent pour près de 60 % de ses revenus à l’exportation. La santé de l’économie est tributaire des conditions des marchés des produits de la mer.

Les terres arables en Islande représentent moins de 1 % de la surface de l’île. Mais grâce à l’utilisation de la géothermie, des serres sont chauffées, ce qui permet au pays de se fournir en certains aliments qui ne pousseraient autrement pas sur l’île.

La protection de la pêche et de l’agriculture fait partie des principales raisons qui empêchent l’Islande d’adhérer à l’Union Européenne.

La crise de 2008

Il vaut la peine ici de raconter la crise de 2008 pour démontrer jusqu’à quel point qu’un si petit pays peut peser beaucoup sur l’économie mondiale.

A la fin des années 1970, des étudiants en droit et en commerce font la promotion du libre-échange et se créent des possibilités de carrière sans attendre la bénédiction de la Pieuvre. Avec la fin de la guerre froide, en 1991, il font élire leur premier ministre de droite, David Oddsson qui conduit sa formation à la victoire aux élections nationales. Il règne sur le pays pendant près de quatorze ans, et préside à la croissance extraordinaire du secteur financier avant de s’installer aux commandes de la Banque centrale, en 2004.

La libéralisation de l’économie islandaise débute en 1994. L’accession à l’Espace économique européen — la zone de libre-échange des pays de l’Union européenne auxquels se joignent l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège — impose la libre circulation des capitaux, des biens, des services et des personnes. Le gouvernement Oddsson se lance dans un programme de vente des actifs de l’Etat et de dérégulation du marché du travail.

L’Islande passe le cap du millénaire emportée par le souffle d’une finance internationale dopée aux crédits bon marché. L’administration Oddsson relâche bientôt la réglementation des prêts hypothécaires garantis par l’Etat, autorisant des emprunts qui atteignent 90 % de la valeur d’un bien. Les banques, tout juste privatisées, se ruent pour proposer des conditions encore plus « généreuses ». La dynamique de bulle s’enclenche.

Les nouvelles élites bancaires islandaises, désireuses d’étendre leur emprise sur l’économie du pays, s’en donnent à cœur joie. Se servant de leurs actions comme de garanties, elles s’autorisent à souscrire de lourds emprunts auprès de leurs propres établissements pour procéder au rachat d’actions… de ces mêmes établissements. Résultat, les cours en Bourse des deux banques s’envolent, sans rapport avec leur activité réelle.

A ce rythme, la petite île s’ouvre bientôt les portes du club des géants de la finance. La surabondance de crédit permet à la population de célébrer dans l’exubérance. Elle a le sentiment d’être « la plus heureuse du monde ». Les propriétaires et les dirigeants des banques se rémunèrent de plus en plus généreusement et bénéficient du soutien des partis politiques — qu’ils financent. Les jets privés déchirent le ciel de Reykjavík. Le

Au début de l’année 2006, pourtant, l’inquiétude pointe. La presse financière s’interroge sur la stabilité des grandes banques. Le déficit courant de l’Islande bondit à 20 %. La capitalisation boursière atteint, en 2007, cinq fois son niveau de 2001. Les banques opèrent déjà bien au-delà de la capacité de la Banque centrale islandaise à les soutenir en tant que prêteuse de dernier recours. Leurs actifs sont douteux. En février 2006, l’agence Fitch rétrograde la note islandaise à « négatif ». La couronne chute brusquement. Le marché des actions s’effondre et les faillites se multiplient. C’est une « économie geyser » sur le point d’exploser.

Alors que les banquiers et les responsables politiques islandais balaient les critiques d’un revers de la main, la banque centrale souscrit un emprunt afin de doubler ses réserves de devises étrangères. La valeur des actifs des banques atteint alors environ huit fois le PIB.

Les banques peinent toujours à trouver de l’argent frais pour financer de nouvelles acquisitions et rembourser leurs dettes. Les banques créent un service sur Internet destiné à attirer des dépôts en offrant des taux d’intérêt plus attractifs que ceux des banques traditionnelles. Ils se trouvent bientôt submergés par les dizaines de millions de livres sterling qui affluent. Parmi eux, l’université de Cambridge, la police de Londres et la Commission d’audit du Royaume-Uni qui gère les finances des gouvernements locaux. Sans compter des centaines de milliers de particuliers.

Nul ne se soucie de ce que le dispositif d’assurance des dépôts de l’Espace économique européen stipule qu’il incomberait à la population islandaise de dédommager les déposants étrangers en cas de faillite.

Seconde solution imaginée par les trois grandes banques : les « lettres d’amour ». Elles vendent des créances à des banques régionales plus petites qui, à leur tour, les présentent à la Banque centrale pour garantir de nouveaux emprunts… Et prêter aux « trois grandes ». Ce ne sont que de simples promesses. Le dispositif s’internationalise. En 2007 et 2008, quand la menace devient sérieuse, les documents — y compris ceux du FMI — adoucissent leur ton. La situation était devenue si grave qu’il ne fallait surtout pas en parler, sous peine de déclencher une panique bancaire.

La chute des établissements bancaires islandais survient deux semaines après celle de Lehman Brothers. En septembre 2008, la note du pays dégringole alors que deux grandes banques se voient retirer leurs lignes de crédit. Les investisseurs étrangers retirent massivement leur argent. Des milliards quittent le pays, avant qu’on ne laisse la couronne flotter — ou, pour mieux dire, couler. Le 8 octobre, le premier ministre britannique gèle les actifs de Landsbanki au Royaume-Uni, en s’appuyant sur des lois antiterroristes. La Bourse, les obligations bancaires, l’immobilier connaissent le même sort que le revenu moyen des Islandais : ils chutent.

L’Islande se voyait devenir un nouveau Luxembourg, la crise mondiale met ses banques en faillite et jette l’économie à terre.

Depuis, elle s’est redressée grâce l’aide du FMI qui a été primordiale, à la recapitalisation des banques et à la la dévaluation de la couronne. La nouvelle coalition politique au pouvoir a remboursé l’énorme dette aux investisseurs Britanniques et Néerlandais.

La signature, en juin 2009, du Pacte de stabilité est acquise suite à de longues discussions entre le patronat et les syndicats, publics et privés. Ce pacte très important porta non seulement sur le gel des salaires, mais aussi sur le budget, la résorption partielle de l’endettement des ménages ou encore le démantèlement progressif du contrôle des changes.

De plus, la faiblesse de la monnaie « la couronne » a entraîné un véritable boom dans le secteur touristique. L’Islande, qui a connu l’effondrement de son système bancaire, s’est relevée en moins de trois ans. En octobre 2010, le Parlement poursuit l’ancien premier ministre Haarde pour avoir failli à ses responsabilités. Le secrétaire des finances est condamné à deux ans de prison pour délit d’initié.

La topographie et l’hydrologie

L’Islande possède un relief assez important. Le centre de l’île (les hautes terres d’Islande) constitue un vaste plateau d’altitude supérieure à 500 m, et les côtes sont souvent montagneuses, découpées de fjords. Le point culminant de l’île est le volcan Hvannadalshnúkur, au sud-est, avec 2 109,6 m.

Environ 10 % de l’île est recouverte de glaciers. Il y en a quatre importants et ils alimentent plusieurs grandes rivières glaciaires dont la plus longue a 230 km. Ces rivières offrent une source importante d’hydro-électricité, utilisée principalement par l’industrie.

Ces caractéristiques géographiques exceptionnelles ont permis à l’île de développer un tourisme en plein essor venu également pour observer les aurores boréales.

La politique

Le Parlement, appelé l’Althing, fut créé en 970 pour réglementer ce qui était devenu la «première république du monde», qui comptait environ quelque 20 000 habitants.

Dans sa forme contemporaine, le parlement islandais fut ré-institué en 1845, à l’origine en tant qu’organe consultatif auprès du roi de Danemark et son siège fut établi à Reykjavik. L’Althing comprend 63 parlementaires, élus par les citoyens tous les quatre ans, la dernière élection remontant à 2008.

Le président de la République est également élu pour quatre ans. Selon la Constitution, il préside leur Conseil et entérine les choix de ministres faits par les partis politiques majoritaires. Il n’exerce aucun pouvoir exécutif réel et joue surtout un rôle honorifique. En tant que chef de l’État, il est le représentant du pays à l’étranger. Les ministres assument le pouvoir exécutif. Le chef du gouvernement est le premier ministre.

Les gouvernements islandais ont presque toujours consisté en une coalition de deux partis ou davantage, étant donné que la majorité des sièges de l’Althing n’a jamais été détenue par un seul parti politique.

Le pays est membre de l’ONU, du Conseil de l’Europe, de l’OTAN, de l’AELE, de l’OCDE, et de l’EEE. L’Islande a déposé sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne le 17 juillet 2009. Néanmoins, certaines formations de gauche, dont la principale, l’Alliance du peuple, continuent de réclamer la fermeture de la base de Keflavík et du retrait islandais de l’OTAN.

L’économie

L’économie de l’Islande est basée sur un système d’économie mixte où les services, la finance, la pêche et les industries sont les principaux secteurs.

Au début du XXe siècle, après plus de six cents ans de tutelle étrangère, les structures sociales de l’Islande demeurent les plus féodales des pays nordiques. La pêche domine l’économie et génère le gros des entrées de devises étrangères, permettant au commerce de se développer grâce aux importations. Ce qui, en retour, stimule de nouvelles activités : bâtiment, services et industrie légère. Après la seconde guerre mondiale, l’économie entra dans une période de croissance plus soutenue, à la faveur d’une combinaison de facteurs : aide liée au plan Marshall; abondance d’un bien d’exportation peu sensible aux fluctuations de revenu des consommateurs, le poisson d’eau froide; une population peu nombreuse, très éduquée et dotée d’un fort sentiment d’appartenance nationale.

A mesure que l’Islande s’enrichit, elle jetta les bases d’un Etat-providence inspiré du modèle scandinave, financé par l’impôt. Dans les années 1980, le niveau et la répartition du revenu disponible atteignent la moyenne des pays nordiques. Cependant, le poids de l’État demeure plus prononcé que chez ses voisins européens.

La société capitaliste moderne de la seconde moitié du XXe siècle s’inscrit dans un lien de filiation directe avec les structures presque féodales du XIXe siècle. Dans les décennies qui suivent la fin de la seconde guerre mondiale, quatorze familles — un groupe connu sous le nom de « Pieuvre » — fournissent l’élite économique et politique du pays. A l’image des chefs de tribu de jadis, elles dominent les importations, les transports, la banque, les assurances, la pêche et l’approvisionnement de la base de l’OTAN.

Cette oligarchie règne également sur le Parti de l’indépendance (PI) de droite, qui contrôle les médias. Elle avalise les nominations de hauts fonctionnaires, dans l’administration, la police et l’armée. A l’époque, les partis dominants, PI et le Parti du centre (PC) qui recrute en zone rurale gèrent directement les banques locales publiques. Il est impossible d’obtenir un prêt sans passer par l’apparatchik local. Intimidation, flagornerie et méfiance tissent un réseau de pouvoir.

L’économie traditionnelle de l’Islande dépend fortement de la pêche et de ses débouchés, qui comptent pour près de 60 % de ses revenus à l’exportation. La santé de l’économie est tributaire des conditions des marchés des produits de la mer.

Les terres arables en Islande représentent moins de 1 % de la surface de l’île. Mais grâce à l’utilisation de la géothermie, des serres sont chauffées, ce qui permet au pays de se fournir en certains aliments qui ne pousseraient autrement pas sur l’île.

La protection de la pêche et de l’agriculture fait partie des principales raisons qui empêchent l’Islande d’adhérer à l’Union Européenne.

La crise de 2008

Il vaut la peine ici de raconter la crise de 2008 pour démontrer jusqu’à quel point qu’un si petit pays peut peser beaucoup sur l’économie mondiale.

A la fin des années 1970, des étudiants en droit et en commerce font la promotion du libre-échange et se créent des possibilités de carrière sans attendre la bénédiction de la Pieuvre. Avec la fin de la guerre froide, en 1991, il font élire leur premier ministre de droite, David Oddsson qui conduit sa formation à la victoire aux élections nationales. Il règne sur le pays pendant près de quatorze ans, et préside à la croissance extraordinaire du secteur financier avant de s’installer aux commandes de la Banque centrale, en 2004.

La libéralisation de l’économie islandaise débute en 1994. L’accession à l’Espace économique européen — la zone de libre-échange des pays de l’Union européenne auxquels se joignent l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège — impose la libre circulation des capitaux, des biens, des services et des personnes. Le gouvernement Oddsson se lance dans un programme de vente des actifs de l’Etat et de dérégulation du marché du travail.

L’Islande passe le cap du millénaire emportée par le souffle d’une finance internationale dopée aux crédits bon marché. L’administration Oddsson relâche bientôt la réglementation des prêts hypothécaires garantis par l’Etat, autorisant des emprunts qui atteignent 90 % de la valeur d’un bien. Les banques, tout juste privatisées, se ruent pour proposer des conditions encore plus « généreuses ». La dynamique de bulle s’enclenche.

Les nouvelles élites bancaires islandaises, désireuses d’étendre leur emprise sur l’économie du pays, s’en donnent à cœur joie. Se servant de leurs actions comme de garanties, elles s’autorisent à souscrire de lourds emprunts auprès de leurs propres établissements pour procéder au rachat d’actions… de ces mêmes établissements. Résultat, les cours en Bourse des deux banques s’envolent, sans rapport avec leur activité réelle.

A ce rythme, la petite île s’ouvre bientôt les portes du club des géants de la finance. La surabondance de crédit permet à la population de célébrer dans l’exubérance. Elle a le sentiment d’être « la plus heureuse du monde ». Les propriétaires et les dirigeants des banques se rémunèrent de plus en plus généreusement et bénéficient du soutien des partis politiques — qu’ils financent. Les jets privés déchirent le ciel de Reykjavík. Le

Au début de l’année 2006, pourtant, l’inquiétude pointe. La presse financière s’interroge sur la stabilité des grandes banques. Le déficit courant de l’Islande bondit à 20 %. La capitalisation boursière atteint, en 2007, cinq fois son niveau de 2001. Les banques opèrent déjà bien au-delà de la capacité de la Banque centrale islandaise à les soutenir en tant que prêteuse de dernier recours. Leurs actifs sont douteux. En février 2006, l’agence Fitch rétrograde la note islandaise à « négatif ». La couronne chute brusquement. Le marché des actions s’effondre et les faillites se multiplient. C’est une « économie geyser » sur le point d’exploser.

Alors que les banquiers et les responsables politiques islandais balaient les critiques d’un revers de la main, la banque centrale souscrit un emprunt afin de doubler ses réserves de devises étrangères. La valeur des actifs des banques atteint alors environ huit fois le PIB.

Les banques peinent toujours à trouver de l’argent frais pour financer de nouvelles acquisitions et rembourser leurs dettes. Les banques créent un service sur Internet destiné à attirer des dépôts en offrant des taux d’intérêt plus attractifs que ceux des banques traditionnelles. Ils se trouvent bientôt submergés par les dizaines de millions de livres sterling qui affluent. Parmi eux, l’université de Cambridge, la police de Londres et la Commission d’audit du Royaume-Uni qui gère les finances des gouvernements locaux. Sans compter des centaines de milliers de particuliers.

Nul ne se soucie de ce que le dispositif d’assurance des dépôts de l’Espace économique européen stipule qu’il incomberait à la population islandaise de dédommager les déposants étrangers en cas de faillite.

Seconde solution imaginée par les trois grandes banques : les « lettres d’amour ». Elles vendent des créances à des banques régionales plus petites qui, à leur tour, les présentent à la Banque centrale pour garantir de nouveaux emprunts… Et prêter aux « trois grandes ». Ce ne sont que de simples promesses. Le dispositif s’internationalise. En 2007 et 2008, quand la menace devient sérieuse, les documents — y compris ceux du FMI — adoucissent leur ton. La situation était devenue si grave qu’il ne fallait surtout pas en parler, sous peine de déclencher une panique bancaire.

La chute des établissements bancaires islandais survient deux semaines après celle de Lehman Brothers. En septembre 2008, la note du pays dégringole alors que deux grandes banques se voient retirer leurs lignes de crédit. Les investisseurs étrangers retirent massivement leur argent. Des milliards quittent le pays, avant qu’on ne laisse la couronne flotter — ou, pour mieux dire, couler. Le 8 octobre, le premier ministre britannique gèle les actifs de Landsbanki au Royaume-Uni, en s’appuyant sur des lois antiterroristes. La Bourse, les obligations bancaires, l’immobilier connaissent le même sort que le revenu moyen des Islandais : ils chutent.

L’Islande se voyait devenir un nouveau Luxembourg, la crise mondiale met ses banques en faillite et jette l’économie à terre.

Depuis, elle s’est redressée grâce l’aide du FMI qui a été primordiale, à la recapitalisation des banques et à la la dévaluation de la couronne. La nouvelle coalition politique au pouvoir a remboursé l’énorme dette aux investisseurs Britanniques et Néerlandais.

La signature, en juin 2009, du Pacte de stabilité est acquise suite à de longues discussions entre le patronat et les syndicats, publics et privés. Ce pacte très important porta non seulement sur le gel des salaires, mais aussi sur le budget, la résorption partielle de l’endettement des ménages ou encore le démantèlement progressif du contrôle des changes.

De plus, la faiblesse de la monnaie « la couronne » a entraîné un véritable boom dans le secteur touristique. L’Islande, qui a connu l’effondrement de son système bancaire, s’est relevée en moins de trois ans. En octobre 2010, le Parlement poursuit l’ancien premier ministre Haarde pour avoir failli à ses responsabilités. Le secrétaire des finances est condamné à deux ans de prison pour délit d’initié.

La topographie et l’hydrologie

L’Islande possède un relief assez important. Le centre de l’île (les hautes terres d’Islande) constitue un vaste plateau d’altitude supérieure à 500 m, et les côtes sont souvent montagneuses, découpées de fjords. Le point culminant de l’île est le volcan Hvannadalshnúkur, au sud-est, avec 2 109,6 m.

Environ 10 % de l’île est recouverte de glaciers. Il y en a quatre importants et ils alimentent plusieurs grandes rivières glaciaires dont la plus longue a 230 km. Ces rivières offrent une source importante d’hydro-électricité, utilisée principalement par l’industrie.

Ces caractéristiques géographiques exceptionnelles ont permis à l’île de développer un tourisme en plein essor venu également pour observer les aurores boréales.