le 13 juin 2006


Cette conversation porte sur l’Internationalisation de l’Amazonie.

le 13 juin 2006

Claude: Pendant un d√©bat dans une universit√© aux √Čtats-unis, le ministre de l’√Čducation Cristovam Buarque, fut interrog√© sur ce qu’il pensait au sujet de
l’internationalisation de l’Amazonie. Le jeune √©tudiant am√©ricain commen√ßa sa question en affirmant qu’il esp√©rait une r√©ponse d’un humaniste et non d’un Br√©silien.

Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.

En effet, en tant que Br√©silien, je m’√©l√®verais tout
simplement contre l’internationalisation de
l’Amazonie. Quelle que soit l’insuffisance de
l’attention de nos gouvernements pour ce patrimoine,
il est n√ītre. En tant qu’humaniste, conscient du risque de
d√©gradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie,
je peux imaginer que l’Amazonie soit
internationalisée, comme du reste tout ce qui a de
l’importance pour toute l’humanit√©. Si, au nom d’une
éthique humaniste, nous devions internationaliser
l’Amazonie, alors nous devrions internationaliser les
réserves de pétrole du monde entier. Le pétrole est
aussi important pour le bien-√™tre de l’humanit√© que
l’Amazonie l’est pour notre avenir. Et malgr√© cela,
les ma√ģtres des r√©serves de p√©trole se sentent le
droit d’augmenter ou de diminuer l’extraction de
p√©trole, comme d’augmenter ou non son prix.
De la même manière, on devrait internationaliser le
capital financier des pays riches. Si l’Amazonie est
une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être
br√Ľl√©e par la volont√© de son propri√©taire, ou d’un
pays. Br√Ľler l’Amazonie, c’est aussi grave que le
ch√īmage provoqu√© par les d√©cisions arbitraires des
sp√©culateurs de l’√©conomie globale. Nous ne pouvons
pas laisser les r√©serves financi√®res br√Ľler des pays
entiers pour le bon plaisir de la spéculation. Avant
l’Amazonie, j’aimerai assister √† l’internationalisation de tous les grands mus√©es du
monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule
France. Chaque musée du monde est le gardien des plus
belles oeuvres produites par le génie humain. On ne
peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre
que le patrimoine naturel de l’Amazonie, √™tre manipul√©
et d√©truit selon la fantaisie d’un seul propri√©taire
ou d’un seul pays. Il y a quelque temps, un
millionnaire japonais a d√©cid√© d’enterrer avec lui le
tableau d’un grand ma√ģtre. Avant que cela n’arrive, il
faudrait internationaliser ce tableau. Pendant que
cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du
Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu
des difficultés pour y assister, à cause de
difficult√©s aux fronti√®res des √Čtats-Unis. Je crois
donc qu’il faudrait que New York, lieu du si√®ge des
Nations unies, soit internationalisé. Au moins
Manhattan devrait appartenir √† toute l’humanit√©. Comme
du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro,
Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté
particulière, et son histoire du monde devraient
appartenir au monde entier. Si les √Čtats-Unis veulent
internationaliser l’Amazonie, √† cause du risque que
fait courir le fait de la laisser entre les mains des
Brésiliens, alors internationalisons aussi tout
l’arsenal nucl√©aire des √Čtats-Unis. Ne serait-ce que
par ce qu’ils sont capables d’utiliser de telles
armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois
plus vaste que les déplorables incendies des forêts
Brésiliennes. Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des
√Čtats-unis ont soutenu l’id√©e d’une internationalisation des r√©serves florestales du
monde en √©change d’un effacement de la dette. Commen√ßons donc par utiliser
cette dette pour s’assurer que tous les enfants du
monde aient la possibilit√© de manger et d’aller √† l’√©cole. Internationalisons les enfants, en
les traitant, o√Ļ qu’ils naissent, comme un patrimoine
qui m√©rite l’attention du monde entier. Davantage encore que l’Amazonie. Quand les dirigeants
du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de
l’Humanit√©, ils ne les laisseront pas travailler alors qu’ils devraient aller
√† l’√©cole; ils ne les laisseront pas mourir alors qu’ils devraient vivre. En
tant qu’humaniste, j’accepte de d√©fendre l’id√©e d’une
internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je
lutterai pour que l’Amazonie soit √† nous. Et seulement √† nous!

Mansour: Les reponses a une question posee au ministre
bresilien de l’education sont assez interessantes bien
que decousues a mon avis. Je me suis etonne de voire
un representant du gouvernement bresilien n’avoir
d’autres excuses pour la destruction continue de
l’amazonie que de placer ce probleme sur le plan des
droits des nations. Il a a mon avis essaye de noyer le
poisson dans l’eau en pretendant qu’il serait dispose
a considerer l’internationalisation de l’amazonie a
condition que nous internationalizions tous les
aspects economiques et culturels a travers le monde
entier. Quelle betise!!!
Sa reponse aurait ete plus intelligente si il avait
tout d’abord bien defini la position officielle de son
gouvernement face a ce drame ecologique mondial.
Ensuite il aurait tout simplement demande a son
interlocuteur si le reste du monde etait justement
pret a aider le bresil a defendre ce patrimoine de
toute l’humanite au lieu de continuer a condamner le
bresil d’avoir continue promouvoir la destruction
systematique des forets de l’amazonie.
Ceci etant donne je pense qu’il avait apres tout
raison de nous rappeler qu’il est souvent plus facile
de dononcer les actions negatives commises par les
pays sous developpes, de la part des pays riches tout
en ignorant ou du moins minimiser toutes les
consequences negatives des activites de ces memes
pays.Ce ministre bresilien aurait surtout rappeler a
son public americain que le bresil au moins a fait de
grands efforts pour se liberer de la contrainte
petroliere. Plus de 40% de ses besoins en essence pour
les vehicules sont deja fournis par le mais. Ou sont
les efforts des usa et du reste du monde occidental
pour reduire leur soif du petrole a ce jour!!!!Mais
une fois de plus il est plus facile d’accuser un pays
sous developper de tous les maux de la planete que
d’analyser globalement tous les elements qui
perturbent cette planete et risque de mettre meme son
existance en danger et essayer de trouver une solution
globale.