le 15 février 2006


Cette conversation à rapport aux effets de la globalisation sur l’Afrique et les musulmans en particulier.

Le 15 février 2006

Mansour: Mon cher ami, j’ai vu le blog que tu as affiché en rapport mes commentaires au sujet de la soi-disant crise des civilisations. Je suis très content que j’aie pu contribuer à tes efforts pour initier un dialogue responsable et réfléchi entre les mondes chrétiens en général et les mondes musulmans. Je crois que nous avons vraiment besoin d’un tel forum. Je n’arrive pas à comprendre comment aussi bien les media arabes que les medias occidentaux ont saute sur cet incident minime pour attiser une fois de plus les conflits entre ces deux mondes. Je crois que je t’ai déjà parlé de la dernière publication de Akbar S Ahmed, professeur à l’American University, Washington, D.C, intitulée  » Islam under Siege ». Tu ne peux pas imaginer à quel point son ouvrage m’a rassuré, car j’ai finalement réalisé que mes analyses et mes appréhensions sont tout de même partagées par des gens comme lui qui après tout est une sommité dans les affaires de civilisations, étant donné qu’il a est après tout un Ph.d en anthropologie culturelle.

Claude: Je ne suis pas surpris car j’ai toujours pensé que tes commentaires étaient réalistes et reflétaient bien ta longue expérience dans le domaine gouvernemental.

Mansour: Je ne sais pas si tu peux avoir accès à son ouvrage au Canada, mais comme j’ai réussi à l’avoir à travers les bibliothèques publiques en Virginie, je présume que tu n’auras pas de difficultés à l’avoir. Je te le consle vivement, non pas a cause des conclusions auxquelles il arrive mais surtout à cause de son approche d’analyse de ce sujet qui n’est malheureusement jamais considéré par les masses medias occidentales. En tous les cas, j’ai trouvé son approche assez intéressante pour te recommander de prendre note de ses analyses.

Claude: J’en prends bonne note et je vais essayer de me le procurer.

Mansour: Sans pour sortir du sujet, je voudrais partager avec toi quelques réflexions que je viens d’avoir après vu une émission a la télévision concernant le rush des compagnies pharmaceutiques a utiliser les plus pauvres et les moins protégés du sous continent indien. Apparemment, tous les grands centres de recherche pharmaceutiques occidentaux ont maintenant décidé d’utiliser les pauvres de l’Inde pour tester leurs recherches et accélérer la mise en vente de leurs produits de recherche. Apparemment, il est moins cher d’utiliser les Indiens que d’utiliser les cobayes en Europe ou aux USA.

Claude: Si cela est exact, c’est scandaleux. J’espère que les autorités indiennes réagiront et protégeront les plus pauvres de leur pays contre ces usages révoltants.

Mansour: Cette émission, pour une raison ou une autre, m’a rappelé une discussion que j’ai eue avec Malika Khati dans les années 80. Durant cette conversation, je lui avais dit que dans les 50 années à venir nous allions voir naître le plus grand parc zoologique du monde s’étalant sur tout le continent africain. Je lui avais même dit que le continent africain allait devenir le dépositaire de l’humanité qui a déjà disparue du reste du monde et que les jeunes occidentaux seront invités a visiter ce grand parc zoologique pour comprendre leurs origines tout comme les anthropologistes des années 50-60-70 ont essayé de voir nos images à travers leurs observations des singes d’Afrique.

Claude: Sur ce sujet, je ne te suis pas. Je crois que tu as une vision fausse de ce que sont les occidentaux chrétiens. Certes, il y a des bavures dans cette société, mais généralement la personne humaine est de plus en plus protégée dans cette civilisation. La pauvreté de l’Afrique est autre chose. Non seulement ses pays ont été conquis et colonisés, mais depuis l’autodétermination on a constaté que des individus malhonnêtes et sûrement anti démocratiques y ont pris les rênes du pouvoir. La corruption règne en maître et ce n’est que le jour où elle sera maîtrisée que les Africains, incluant ceux du Maghreb, sortiront de la spirale de pauvreté et de misère dans laquelle ils sont emportés. Même, si aujourd’hui, on ressent un peu d’amélioration, c’est très loin de ce qu’il faudrait faire pour redonner à ces peuples leur fierté et le respect qu’ils manquent tant.

Mansour: Je te signale tout cela pour essayer de comprendre les effets de cette dynamique irréversible vers la globalisation, aussi bien des économies que des valeurs culturelles et religieuses à travers le monde entier. Aujourd’hui, le monde occidental se concentre sur la révolte du monde musulman contre justement cette globalisation qui a disloqué ses sociétés a travers le monde entier, mais il oublie qu’il n’y a pas que les musulmans qui se révoltent contre cette globalisation et cette homogénéisation du monde. Regarde ce qui ce passe en Amérique latine. De l’Argentine en passant par le Brésil, la Bolivie, le Chili, et le Venezuela.

Claude: Tu exagères et tu le sais bien. On ne peut blâmer tout sur la globalisation. La situation dans l’ensemble de l’Afrique et de l’Asie existe depuis des centaines d’année. Au contraire, je crois que pour ces parties du monde, la globalisation peut être salvatrice dans le sens qu’elle apportera des usines, du travail, des salaires et sûrement une amélioration de la qualité de vie. Ces pays manquent de leaders réels. Des gens qui comprennent que la croissance économique apporte des revenus aux citoyens et que l’orientation des politiques gouvernementales se doit d’être axée là-dessus. Si des usines de toutes sortes s’implantent au Vietnam, au Cambodge, en Chine, en Inde etc… pourquoi pas en Afrique où les salaires sont bas et la main d’œuvre nombreuse. Haïti, il y a plusieurs années, devenait lentement mais sûrement un endroit où les entreprises américaines installaient des usines spécialisées dans plusieurs domaines d’activités. La corruption des gouvernements, leur manque de savoir-faire et les batailles politiques ont décimé le secteur industriel qui se développait et ces usines sont disparues. Pourtant Haïti est à proximité des USA, alors que les pays asiatiques, avec une main d’oeuvre de même nature, bénéficient des investissements américains qui sont très loin.

Mansour: Dans tous ces pays, les citoyens se sont révoltés contre les pilules aigres que leur administraient le fond monétaire et la banque mondiale depuis des décennies avec l’encouragement et même les pressions des pays occidentaux dit développés. Franchement, si je crois à une seule chose que Boumediene a dite, c’est qu’il n’y a pas de guerre de religions ou de d’idéologies à travers le monde. Il y a toujours eu un conflit entre les haves et les haves nots. Tu me diras que je commence une fois de plus à raisonner comme si j’étais membre d’un parti communiste secret. Mais ne détrompe pas. J’ai plus de haine contre les valeurs communistes comme tu les vois que les valeurs de cette soit soi-disant civilisation occidentale avec ses valeurs soi-disant universelles.

Claude: Je suis d’accord avec toi. Les guerres de religions ou d’idéologies sont beaucoup moins importantes que les conflits entre les haves et les haves-not. Et dans les pays pauvre plus qu’ailleurs. C’est la partie riche haïtienne qui maintient le peuple dans la pauvreté. Elle refuse de payer les impôts minimums pour permettre au gouvernement à se redresser. La corruption est galopante partout dans ces milieux riches.

à bientôt