• Le refus

      François Ă©tait Ă©puisĂ©. Trop d’efforts, trop de bruit, trop de pression, trop de poussière. Il sentit qu’il arrivait au bout de ses forces. Il se dit, pour se donner du courage, que la pause ne devait plus ĂŞtre loin. Il n’avait aucune idĂ©e prĂ©cise de l’heure qu’il pouvait ĂŞtre, mais il voyait bien que […]

  • les "panards" Ă  JoJo

      Jean-Claude Manaranche Jojo Ă©tait enchantĂ©. C’était un jour vraiment magnifique. « Vachement chouette ! » aurait dit son copain  Pierre que tous les potes de la communale de la rue Lepic (18ème arrondissement comme chacun le sait) appelait « Pierrot Taxi » car son père travaillait Ă  la cĂ©lèbre compagnie G7. Enfin plutĂ´t « avait travaillé » puisque depuis la mise en […]

  • le berger des Ă©toiles

    Jean-Claude Manaranche             Dans nos villages de Haute-Auvergne, autrefois, un « benou »  Ă©tait un garçon un peu frustre, un simplet, un benĂŞt auraient dit les parisiens. Chaque village, ou presque, avait le sien. Il faisait partie du dĂ©cor, de la famille. Les filles gloussaient sur son passage, les autres garçons lui […]

  • Marie-CĂ©cile

    Jean-Claude Manaranche Marie-CĂ©cile pressa le pas en traversant la Place Bellecour. Un vent glacĂ© tourbillonnait entre SaĂ´ne et RhĂ´ne et les dernières feuilles mortes tombaient avec hĂ©sitation sur le pavillon du marchand de fleurs. C’est en voyant les lueurs tremblotantes des premières bougies sur les façades de la rue de la CharitĂ© qu’elle se souvint […]

  • La statuette

      Monique, la secrĂ©taire de direction, s’était bien rendu compte qu’il y avait de la tension dans l’air.Lorsqu’elle Ă©tait allĂ©e rĂ©cupĂ©rer les parapheurs vers 18 heures, le patron avait sa tĂŞte des mauvais jours. Le crĂ©puscule commençait d’envahir le vaste bureau au 8ème Ă©tage du Siège de  » Bardin International », l’une des plus grosses sociĂ©tĂ©s […]

  • La statuette… suite

      A l’issue de la première semaine, les choses ayant Ă©voluĂ© dans le bon sens, il se sentit envahi par un calme dont il n’arrivait Ă  dĂ©finir l’origine. Etait-ce la satisfaction du boulot dĂ©jĂ  accompli qui laissait prĂ©voir la sortie de crise ? Etait-ce cette curieuse façon  de vivre, intense mais un peu « dĂ©jantĂ©e », en tout […]

  • Les tilleuls

         Philippe  se rendit compte qu’il Ă©tait largement en avance. Il avait pris l’un des premiers TGV au dĂ©part de Paris et avait louĂ© une voiture en gare de Lyon-Part-Dieu, mais la route qu’il avait connue autrefois, encombrĂ©e et hachĂ©e par des traversĂ©es d’agglomĂ©rations, avait Ă©tĂ© doublĂ©e depuis quelques annĂ©es par une voie rapide. […]

  • Señor Patillas

      Jean-Claude Manaranche   C’est un matin comme il les aime. Soleil voilĂ© qui a du mal Ă  trouver sa place dans l’entrelacs de traĂ®nĂ©es jaunes et grises qui barre l’horizon Ă  la sortie de la baie. Mer plate, hĂ©sitante, qui s’éveille en lĂ©chant paresseusement le squelette rocheux des collines. Les arbres ont beau s’accrocher […]

  • L’inconnue du 85

    Jean-ClaudeManaranche Il passa devant la loge de la concierge dĂ©couragĂ© d’avance par la journĂ©e qui s’annonçait. Il y avait le temps d’abord : « un vrai temps de Toussaint », avait dĂ©crĂ©tĂ© sa mère suivant son expression favorite, une de ces expressions qui lui venaient de son bocage natal et dont elle possĂ©dait toute une collection. Un ciel uniformĂ©ment […]

  • Un casting d’"enfer"

    deuxième prix au concours « Art et Lettres » de Rambouillet Jean-Claude Manaranche Elles Ă©taient cinq. Cinq qui avaient Ă©tĂ© « sĂ©lectionnĂ©es » en dĂ©but de matinĂ©e et qui se retrouvaient maintenant sur cette estrade en plein air, alignĂ©es immobiles sur leurs chaises, face Ă  un public, bruyant, impatient, qui ne les quittait pas des yeux, pariant dĂ©jĂ  sur […]

  • La demande en mariage

    Jean Claude Manaranche Une idĂ©e lui Ă©tait venue brusquement et elle en avait Ă©tĂ© la première Ă©tonnĂ©e: «et si on apprenait Ă  jouer la comĂ©die…» Dans quelles circonstances pareille fantaisie avait bien pu germer? Marion avait cherchĂ© en vain la rĂ©ponse. Elle finit par donner sa langue au chat. Après tout, peut-ĂŞtre tout simplement Ă  […]

  • L’herbier de Fanchon

               Jean-Claude Manaranche                                          Il n’aurait pas dĂ» suivre son idĂ©e. C’était vraiment une drĂ´le d’idĂ©e. Aller farfouiller dans cette vieille malle, qui n’avait pas dĂ» ĂŞtre ouverte depuis plus de trente ans. Au bas mot ! Peut-ĂŞtre mĂŞme plus Ă  la rĂ©flexion. Sans compter qu’avec le poids des annĂ©es, l’opĂ©ration en elle-mĂŞme n’était pas sans […]

  • Les larmes du clown

    Mimile,  je vais vous dire, il aurait très bien pu être cocher, comme son père.   Après tout, pourquoi pas ? Il faut reconnaĂ®tre que son « vieux » avait fière allure quand il remontait le boulevard de la Madeleine, perchĂ© sur son fiacre aux armes de la « Compagnie GĂ©nĂ©rale de Paris ». Le haut de forme bien ajustĂ© sur le crâne, la […]

  • La vocation de Pierrot

    Toute sa vie, il devait s’en souvenir, le petit Pierre, alias « Pierrot » pour les intimes et pour ses potes de la « communale » de la rue Lepic. Il faut dire aussi que des Ă©vènements comme ça, il ne s’en produit que rarement au cours des annĂ©es lisses de l’enfance, et qu’ils vous marquent ensuite Ă  jamais. […]

  • La truite de Cupidon

    GĂ©gĂ© les avait surnommĂ©s « les deux coureurs« . Et c’était vrai qu’ils donnaient cette impression. Leurs points de dĂ©part Ă©taient Ă  peu près au mĂŞme niveau, sĂ©parĂ©s seulement par deux ou trois amas de rochers comme on en trouve un peu partout sur les contreforts du Puy de Sancy, des bombes volcaniques polies par le temps […]

  • AĂŹn Fouara, mon Amour

    Pour dire la vĂ©ritĂ©, le premier moment d’euphorie passĂ©, il avait bel et bien Ă©tĂ© pris d’un doute : fallait-il vraiment entreprendre ce voyage, auquel il rĂŞvait depuis des annĂ©es. Et la question s’était alors imposĂ©e, lancinante : Ă©tait-ce, dans le fond, une bonne  idĂ©e ? Il dut bien reconnaĂ®tre, en son for intĂ©rieur, que les mises en garde […]