Épopée des Canadiens

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Le club de hockey sur glace « les Canadiens de Montréal » a célébré son centenaire en 2009. C’est un club unique qui a marqué, plus que tout autre,  son sport et l'histoire de Montréal, en produisant des équipes et des joueurs qui ont fait non seulement l’orgueil des Montréalais, des Québécois et des Canadiens-Français partout au Canada mais aussi l'admiration et le support d'une phalange d'amateurs anglophones canadiens et dans le monde entier dont particulièrement aux USA et en Russie. Il demeure aujourd’hui, encore aujourd'hui, bien ancré dans la vie des Canadiens-Français qui suivent toujours de près ses faits et gestes .

Un témoin important de l’évolution du Canadien fut le journaliste sportif montréalais Charles Mayer qui commença à oeuvrer comme journaliste, en 1922, alors que le Canadien en était à sa 13ième année.  Trente-quatre ans plus tard, Charles Mayer écrivit un livre sur « L’épopée des Canadiens » couvrant les quarante premières années du club, celles qui ont assuré sa pérennité. Le livre que j’ai en main a été dédicacé par Charles Mayer, le 25 octobre 1970. Il se vendit à plus de 100 000 exemplaires en deux éditions. Je le reproduis ici, aujourd’hui, comme contribution pour marquer le centenaire du club d’hockey « les Canadiens » qui fut, toute ma vie mon club préféré et dont j’ai suivi, presque quotidiennement, l’évolution, les matchs et le jeu de ses joueurs dont plusieurs sont devenus célèbres dans le monde.

Charles Mayer ne se limita pas à rapporter les nouvelles du sport. Ses inlassables efforts à promouvoir la participation sportive chez les francophones et à la Ville de Montréal font en sorte qu’il s’impliqua dans tous les aspects de la vie sportive.

Dès l’obtention d’un diplôme de l’Université de Montréal en 1922, Mayer commence à travailler comme journaliste. Après un bref séjour au journal « Le Canada », il se retrouve à « La Patrie » où il passera 11 ans comme journaliste couvrant les affaires municipales et comme rédacteur sportif. En 1933, il est journaliste pour « Le Petit Journal » en tant que rédacteur en chef des sports pour ensuite hériter du poste de rédacteur en chef exécutif des sports.

En 1957, il agit comme éditeur au journal Dimanche-Matin qu’il crée avec des amis. Lorsque le journal cessa de paraître en 1959, il réintègre son poste à La Patrie comme chroniqueur et rédacteur d'articles de fond. Au cours de ses 40 ans de journalisme, Mayer se familiarise avec la scène sportive à Montréal.

Durant sa carrière de journaliste, Mayer est témoin de l’avènement de la radio puis de la télévision qui deviennent rapidement d’importants véhicules pour la couverture d’événements sportifs auprès du public.

De 1945 à 1963, Mayer est le commentateur attitré des Séries mondiales de baseball d’abord à la radio puis à la télévision de langue française. De plus, en 1945 il fait la description en français des matchs du club de baseball « les Royaux de Montréal », qui évoluent dans la Ligue internationale. Mayer est aussi appelé à faire des reportages quotidiens de 15 minutes durant les Jeux Olympiques de Londres en 1948 et les Jeux du Commonwealth qui se déroulent à Vancouver en 1954.

Son travail de commentateur et celui d’administrateur empiètent l’un sur l’autre. Malgré des conflits d’intérêts possibles, il agit toujours de façon impartiale. En effet, outre ses fonctions lors de la diffusion des matchs des Canadiens, Mayer est aussi le publiciste francophone de la LNH responsable des officiels mineurs pendant plus de 20 ans. Pendant qu’il effectue ses reportages en provenance des Jeux de Londres en 1948, il est appelé à travailler avec la délégation canadienne à ces mêmes Jeux Olympiques. Il est aussi impliqué dans les courses de chevaux à titre de directeur de l’information des hippodromes Richelieu et Blue Bonnets. Mayer est aussi président de la Fédération canadienne de boxe de 1955 à 1956 et vice-président de l’Association athlétique de Montréal qui régit la boxe à la grandeur de la province. Plus tard, il sera aussi vice-président de l’Association mondiale de boxe et agira comme juge aux épreuves de boxe olympique et lors de diverses cartes de boxe amateur. Charles Mayer est partout où il y a du sport et accepte des postes importants pour la bonne gérance de chacun de ces sports.

Charles Mayer est un inlassable défenseur de causes civiques qui n’hésitent pas à promouvoir le sport et la communauté. En 1954, il est élu au Conseil municipal de la Ville de Montréal et il est réélu en 1957. Mayer s’investit à vanter les mérites de Montréal auprès de la communauté internationale, d’abord en suggérant au cours des années 1950 que Montréal accueille les Jeux Olympiques puis en assistant à la réunion d’Amsterdam en 1970 alors que le CIO annonce que l’organisation des Jeux de 1976 est octroyée à Montréal. C’est aussi lui qui lance l’idée que Montréal puisse obtenir une concession du baseball majeur.

En 1961, lorsque le gouvernement du Premier ministre canadien John Diefenbaker adopte la Loi sur la condition physique et le sport amateur, Mayer est l’un des premiers retenus pour siéger au sein du Conseil consultatif de la Santé et du Sport amateur créé par le gouvernement fédéral dans le but de régir et de promouvoir le sport et la condition physique.

Au Québec, Mayer joue un rôle de premier plan avec la Palestre Nationale - comme vice-président puis de gouverneur à vie – qui est alors le plus important club sportif francophone au Québec. Les connaissances de Mayer et sa contribution à la cause du sport en font l’un des représentants québécois au sein du comité de sélection du Panthéon des sports canadiens.

La couverture des évènements sportifs fut, dès la naissance de la radio de Radio-Canada, une des priorités de la société. Cependant, ce n'est qu'en 1941 que la société crée un service des nouvelles et il faut attendre en 1944 pour voir la création d'un service des sports. Une fois encore Radio-Canada doit faire appel à de l'aide extérieure. Ainsi dès 1936, c'est grâce à une commandite de « l'Imperial Oil Company » que les matchs de hockey du Canadien peuvent être diffusés. L'émission se nomme Bonsoir Canada et est animée par Michel Normandin.

Le service des sports de Radio-Canada accueille dans ses rangs les plus grands annonceurs radio des années 1930 et 1940. La société a la chance de compter parmi ses commentateurs, les Michel Normandin, Jacques Desbaillets, Charles Mayer, Jean-Maurice Bailly et René Lecavalier.

Charles Mayer inaugure la version française de La Ligue du vieux poêle, faisant l'analyse des matchs de hockey pour les auditeurs durant les entractes. Pendant de nombreuses années, il décerne pour le bénéfice de la radio et de la télévision, les « Trois étoiles » de chaque match des Canadiens. On se souvient particulièrement de la soirée où Mayer décerne les « trois étoiles » du match à Maurice Richard suite à une spectaculaire performance de cinq buts du Rocket face aux Maple Leafs de Toronto.

Il fut commentateur et invité à de nombreux programmes de radio et de télévision.  Il fut élu vice-président de la Commission athlétique de Montréal, président de la Fédération canadienne de boxe et aussi conseiller municipal de Montréal. 

Charles Mayer fit sa marque à Montréal. Il est sûrement un des grands Montréalais du passé.

Bonne lecture de ce document qui couvre les gloires, les misères, les drames, les acteurs, les "étoiles", les records et les statistiques de l'épopée des "Canadiens" de son célèbre gardien de but Georges Vézina, en 1909, originaire de Chicoutimi au Québec, à 1956 alors que la carrière de celui qui demeure le plus grand joueur de tous les temps, Maurice Richard, atteint son apogée. Je suis convaincu que les anecdotes de ce livre motiveront le lecteur à chercher ailleurs, particulièrement sur la toile internet, la suite de cette excitante histoire jusqu'à nos jours.  

Claude Dupras

        * source Radio-Canada, Panthéon du sport canadien, NHL legends.